[LANCEMENT] Rapport du 20ème anniversaire de l'INEE

Publié par
Réseau Inter-agence pour l'éducation en situations d'urgences (INEE)
Written by
Secrétariat de l'INEE
Publié
Sujet(s)
Agendas Internationaux - ODD, Education 2030, etc.
Financement de l'éducation
Conflit
Déscolarisation
Français

Quand on regarde les 20 ans qui se sont écoulés depuis la fondation de l’INEE en novembre 2000, il y a de quoi être fier. Pourtant, les célébrations de nos réalisations sont empreintes de tristesse, en cette période de pandémie mondiale qui affecte l’éducation des enfants et des jeunes dans presque toutes les nations du monde.

 

Rapport 20 ans en français
Cliquez ici pour lire le rapport

Dans notre nouveau rapport, « 20 ans de l’INEE : Réalisations et défis de l’éducation dans les  situations d’urgence » (disponible en anglais, arabe, espagnol, français, portugais), nous soulignons la pertinence de l’INEE, toujours d’actualité 20 ans plus tard. Le rapport présente de nouvelles données qui montrent que 127 millions d’enfants et de jeunes en âge d’être scolarisés, aux niveaux primaire et secondaire, et vivant dans des pays touchés par des crises, n’étaient pas scolarisés en 2019. Ceci équivaut à près de la moitié de la population mondiale non scolarisée, même si seulement environ 29 % des enfants et des jeunes de cette tranche d’âge vivent dans des pays touchés par des crises. Ces figures sont basées sur de nouvelles données fournies par l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU).  

Le rapport démontre également qu’il est toujours primordial de donner la priorité à l’éducation et au financement de l’éducation dans les situations d’urgence, en particulier dans les crises « oubliées ». 

Parmi les grands axes de l’INEE et du secteur de l’éducation dans les situations d’urgence (ESU) identifiés dans le rapport, citons :

  •  L’ESU est maintenant un secteur reconnu et établi, et fait partie des réponses humanitaires comme indiqué dans le rapport de 2010 sur la résolution des Nations unies sur l’éducation dans les situations d’urgence.
     
  • L’ESU fait partie des engagements de la politique mondiale, identifiés dans le cadre de la déclaration d’Incheon du Forum Mondial sur l’Éducation, et le cadre d’action Éducation 2030, 2015.  
     
  • Les Normes Minimales de l'INEE pour l'éducation: la Préparation, la Réponse et le Relèvement, lancées en 2004, ont établi de nouvelles normes mondiales pour améliorer la qualité d’une éducation sûre et pertinente, et en garantir son accès. Mises à jour en 2010, elles sont devenues une référence incontournable dans le domaine de l’ESU.  
     
  • Le Global Education Cluster a été créé en 2006 dans le cadre de la politique humanitaire afin de promouvoir la coordination de l’éducation dans les réponses humanitaires, marquant un tournant décisif pour l’offre d’éducation pendant les crises.
     
  •  La création du fond multilatéral Education Cannot Wait lancé en 2016, a fait de l'éducation un secteur clé des réponses humanitaires et a entraîné des changements importants dans le financement de l'ESU.   

​​​Parmi les principaux défis qui restent à relever pour le secteur de l’ESU, on peut citer :

  • 127 millions d’enfants et de jeunes en âge de fréquenter les écoles de niveau primaire et secondaire dans des contextes de crise ne sont toujours pas scolarisés, et sont ainsi privés de leur droit à une éducation de qualité.  
  • Les conflits et les catastrophes continuent de provoquer le déplacement forcé de millions de personnes chaque année, pour atteindre un total de 79,5 millions de personnes déplacées contre leur gré en 2019. Les enfants et les jeunes déplacés et réfugiés continuent de se heurter à des obstacles importants pour accéder à une éducation de qualité et sûre et de pouvoir aller jusqu’au bout de celle-ci.
  • Le secteur de l'éducation continue de recevoir beaucoup moins que l'objectif fixé par les Nations unies en 2012, à savoir 4% de l'aide humanitaire mondiale. Alors que le montant de l’aide humanitaire pour l’éducation a considérablement augmenté depuis 2012, moins de la moitié des demandes pour ce secteur sont effectivement financées. En 2019, seulement 43% des demandes d'aide pour le secteur de l'éducation ont été financées, contre 66% pour l'ensemble des demandes d'aide humanitaire.
  • Le financement humanitaire de l’éducation est asymétrique, ce qui se traduit par de nombreuses crises « oubliées ». Sur les 424 demandes d’aide humanitaire pour le secteur de l’éducation qui ont reçu un financement, la moitié de cette aide a été attribuée à seulement 29 de ces appels. Ceux qui reçoivent le plus de fonds sont souvent ceux qui ont la plus grande visibilité médiatique et ceux qui sont considérés comme ayant une importance géopolitique, comme la Syrie. Les pays d’Afrique subsaharienne touchés par les crises sont les plus susceptibles d’être laissés pour compte.
    ​​
  • La communauté mondiale est confrontée à de nouveaux défis en permanence. Le changement climatique aggrave le nombre et l’intensité des catastrophes naturelles, et la COVID-19 a un impact négatif sur l’accès à l’éducation des enfants et des jeunes dans le monde entier.

Nous vous encourageons à lire le rapport complet, et à nous rejoindre dans nos efforts continus et collectifs pour accomplir notre mission qui est d’assurer une éducation de qualité, sûre et pertinente pour toutes les personnes touchées par les situations d’urgence.