Déclaration de l’INEE – Attaques contre l’éducation en Palestine et au Liban
Le Secrétariat de l'INEE réitère son immuable solidarité avec toutes les personnes qui sont affectées par la guerre en cours à Gaza, et les crises en Palestine et au Liban. Nous exprimons notre profonde sympathie pour les vies brisées par les traumatismes, les décès et les déplacements répétés. Nous sommes profondément inquiets pour nos nombreux membres et leurs familles dans la région qui font face à une douleur et une perte inimaginables, en particulier les étudiants et les apprenants qui subissent une perturbation de leur éducation sans précédent. Sachez que le Secrétariat de l'INEE est en deuil et solidaire avec vous et tous les civils touchés.
À la mi-décembre 2024, les actions militaires israéliennes menées depuis octobre 2023 ont causé la mort de plus de 44 000 Palestiniens, en ont blessé au moins 106 000 autres et ont réduit en ruines de grandes parties de Gaza, tout en endommageant ou en détruisant de nombreuses maisons, écoles et hôpitaux de Gaza, ainsi qu'une grande partie de ses infrastructures civiles.
“Gaza est l'incarnation concrète de l'enfer sur terre pour son million d'enfants.(...) Les attaques contre les écoles sont devenues inimaginables par leur fréquence."
- UNICEF, James Elder, porte-parole.
Ces dernières semaines et mois, nous avons vu un “schéma d’attaques” dévastateur et gravement préoccupant contre les apprenants, les établissements d’enseignement, et le personnel de l’éducation en Palestine, ce qui suscite une vive inquiétude quant à l'apparente destruction systématique du système éducatif palestinien. Ces attaques et le conflit au sens plus large ont privé les apprenants dans Gaza, majoritairement des enfants, d’une éducation pour une année entière, ce qui aura probablement un impact sur le reste de leurs vies.
“La destruction du système éducatif de Gaza non seulement viole le droit fondamental des enfants à l'éducation, mais menace également le tissu social, culturel et économique à long terme de la société palestinienne.”
- Save the Children
En octobre 2024 seulement, 57 incidents touchant des écoles ont été enregistrés, notamment des frappes aériennes, des évacuations forcées, des bombardements et des incendies criminels. Ces incidents contribuent à la réalité inquiétante que presque aucune infrastructure éducative n'est restée intacte à Gaza. Presque toutes les écoles ont subi un certain niveau de dommages à leurs bâtiments, 88 % d'entre eux (496 sur 564) ayant besoin d'une reconstruction complète ou d'une réhabilitation majeure pour être à nouveau fonctionnels.
“Ma femme, ma famille et moi, sommes allés nous réfugier dans une école, nous avons dormi dans une des salles de classe. L'artillerie tirait dans la cour de l'école et je n'ai pas eu le temps de m'échapper de la salle de classe. Ma jambe a été coupée.”
- Patient, Rapport MSF
Les 12 établissements d'enseignement supérieur de Gaza ont été détruits ou endommagés au cours de l'année écoulée. Ce niveau de destruction aura un impact profond et prolongé sur l'ensemble de la société palestinienne, alors que plus d'un million d'enfants ont besoin d'un soutien psychosocial et de santé mentale et que Gaza compte désormais le plus grand nombre d'enfants amputés par habitant dans le monde.
“Les enfants de Gaza n’ont pas été épargnés. Ils sont tués, blessés, rendus orphelins en grand nombre…Ils ont déjà perdu deux années d’enseignements. Les Palestiniens ne sont pas étrangers à la perte, mais être dépossédés de l'éducation - qui a toujours été une source de fierté - est nouveau. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre une génération entière et de semer les graines de la haine et de l'extrémisme."
- Philippe Lazzarini, commissaire général de l’UNRWA
Ces impacts sans précédent ne se sont pas limités à Gaza, avec la poursuite et l'escalade de la violence et des incursions militaires en Cisjordanie occupée, ce qui entrave le droit des enfants à l'éducation.
Au Liban, les attaques militaires israéliennes ont entraîné des milliers de morts et de blessés et le déplacement de plus de 1,3 million de personnes avant l'instauration du cessez-le-feu actuel établi à la fin du mois de novembre. Ceci a inévitablement un impact sur la continuité et la qualité de l’éducation avec des attaques aériennes qui endommagent les établissements scolaires. Dans tout le pays, le début de l’année académique 2024-2025 pour les écoles publiques a été reporté depuis septembre à cause d’un grand nombre d’écoles qui ne fonctionnent pas, particulièrement dans le sud, Beyrouth sud et la région de Bekaa. Un grand nombre d’écoles publiques du pays sont utilisées comme abris. Depuis novembre 2024, plus d’1 million d’apprenants et 45 000 personnels enseignants ont été directement affectés par le conflit avec 95% des enseignants du secteur public ne pouvant pas accéder à l’école.
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Le Réseau Inter agences pour l’éducation en situations d’urgence (INEE) condamne toutes les attaques contre les apprenants, le personnel enseignants et les établissements scolaires. Le droit à une éducation équitable et de qualité pour tous les apprenants ne peut être respecté lorsque l'éducation est attaquée et que le droit humanitaire international n'est pas respecté. Les apprenants, le personnel éducatif et les établissements d'enseignement sont protégés contre les attaques disproportionnées et aveugles en vertu du droit international humanitaire, qui exige également des parties au conflit qu'elles facilitent l'accès à l'éducation.
L'INEE réitère ses appels à toutes les parties pour qu'elles respectent le droit international humanitaire et le droit international des droits de l'homme. Nous demandons également à toutes les parties de ne pas utiliser les écoles et les universités à quelque fin que ce soit pour soutenir leur effort militaire, conformément à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles. Le ciblage des apprenants, du personnel éducatif et des établissements d'enseignement ne doit pas devenir la norme.
Nous nous joignons à nos partenaires du secteur humanitaire pour demander un cessez-le-feu immédiat et permanent.



