COVID-19, ESU, et au-delà: Réflexions d’un Nouveau Membre

Publié by
Réseau Inter-agence pour l'éducation en situations d'urgences (INEE)
Written by
Yasmina Haddad
Publié
Topic(s)
Coronavirus (COVID-19)

Les acteurs de l’éducation du monde entier peuvent apprendre beaucoup de l’expérience des communautés de l’ESU qui on vécu dans des situations d’urgence afin de mieux se préparer aux futures urgences auxquel nous serons tous confrontés.

Au fur et à mesure que cette pandémie fait rage, nous entendons de nombreux universitaires, enseignants, administrateurs scolaires et praticiens expérimentés parler de leurs points de vue sur la pandémie de COVID-19. Ils ont fourni les conseils pratiques et le soutien technique nécessaires pour faire face à cette crise, en soulignant ce que l’INEE avait déjà affirmé : COVID-19 n’est pas notre première urgence. Ceci est indubitablement vrai mais pour une étudiante fraîchement diplômée comme moi, débutante dans l’éducation et nouvelle dans la communauté de l’éducation en situations d’urgences (ESU), c’est ma première urgence. Il s’agit aussi de la première urgence pour les enseignants qui sont dans leur  première année d’enseignement et pour de nombreuses écoles et districts scolaires. Bien que la communauté ESU est préparée et fait face crise après crise au fil des ans, les gens à l’extérieur de la communauté font face à leur première vraie urgence. 
 
C'est par pur hasard que j’ai commencé mon stage avec l’INEE presque au même moment où cette pandémie a commencé, m’offrant une fenêtre sur ce à quoi cette réponse a ressemblé à grande échelle. En tant que secrétaire lors des récentes réunions du groupe de travail de l’INEE et en tant que participante à quelques-uns des webinaires COVID-19 de l’INEE et en tant que membre du comité de soutien administratif et de recherche lors de la création de la note technique de l’INEE COVID-19, j’ai compris l’ampleur et l’étendue de l’expérience et des prouesses techniques de cette communauté en ce qui concerne l’ESU. 
 
Toutes ces expériences et plus encore m’ont convaincu que c’est peut-être ma première urgence, mais ce ne sera sûrement pas ma dernière. 
 
Je crois que cette révélation qui, je suis sûre, ne m’est pas unique aura des répercussions sur la façon dont les pratiques et les ressources de l’ESU devraient être présentées aux praticiens de l’éducation, qu’ils s’agissent d’enseignants ou de conseillers techniques dans des contextes ESU ou ailleurs. En d’autres termes: j’aurais aimé que les ressources et les connaissances de l’ESU aient été incluses dans mon programme d’études de premier cycle en éducation spécialisée, cela m'aurait grandement aidé lorsque j’enseignais à Jaipur, en Inde, ou quand j’enseignais dans un centre de détention à Chicago, aux États-Unis.

Je ne pense pas que cette opinion m’est unique. Je vois mes amis enseignants basés aux États-Unis rechercher et apprendre des termes tels que « éducation accélérée » pour la première fois; ou d'autres amis dans les politiques éducatives découvrir les Normes minimales INEE pour la première fois quand ils travaillent sur  les recommandations pour les districts scolaires en préparation pour la réouverture des écoles. Le fait que de nombreux programmes de formation des enseignants se muent pour préparer l'enseignement à distance peut être mis à profit par la communauté ESU pour mettre en évidence sa pertinence et son applicabilité généralisée. Cela pourrait inclure des webinaires ESU spécifiquement adaptés aux écoles supérieures ou à encourager les collègues dans les espaces académiques à inclure des webinaires ESU et des ressources dans leurs programmes. Une autre approche serait de suivre l’exemple de l’Université de l’Indiana, qui offre des crédits de perfectionnement professionnel aux enseignants actuels de la maternelle à la 12e année pour participer aux conversations sur l’ESU.
 
Si la communauté de l’ESU saisit correctement cette opportunité à un moment où les éducateurs partout dans le monde ont soif de connaissances, je crois que la prochaine fois qu’une urgence mondiale se produira, elle sera reçue par un secteur mondial de l’éducation plus préparé et plus compétent.

Yasmina poursuit actuellement une maîtrise en Politique et Gestion de l’éducation internationales à l’Université de Vanderbilt où elle a également obtenu son Bachelor of Science en Disability Studies en 2017 (études des sciences du handicap). Avant de commencer son diplôme d’études supérieures, Yasmina a enseigné l’anglais pendant deux ans, d’abord à Jaipur, en Inde avec le programme Fulbright , puis à Chicago, Illinois. Ses domaines d’intérêt incluent l’éducation spécialisée internationale, l’inclusion et l’ESU.